'Rogue One : A Star Wars Story' de Gareth Edwards (7/10)
- Sylvain Ruffier
- 18 déc. 2016
- 3 min de lecture
Situé entre les épisodes III et IV de la saga Star Wars, le film nous entraîne aux côtés d’individus ordinaires qui, pour rester fidèles à leurs valeurs, vont tenter l’impossible au péril de leur vie. Ils n’avaient pas prévu de devenir des héros, mais dans une époque de plus en plus sombre, ils vont devoir dérober les plans de l’Étoile de la Mort, l’arme de destruction ultime de l’Empire.
Après un ‘Réveil de la Force’ en demi-teinte, très bien conçu mais opérant des raccourcis et des incohérences difficilement pardonnables, les attentes envers le nouvel opus, spin-off faisant le lien entre les deux trilogies imaginées par George Lucas, étaient grandes. Réalisé par Gareth Edwards, metteur en scène de l’excellent ‘Monsters’ et du plutôt réussi remake de Godzilla, le film aura connu des déboires de production assez effrayants, de nombreuses scènes ayant étés retournées par un autre réalisateur, montrant des différents entre le réalisateur et la production, forcément très calibrée pour ce type de film. Le résultat est heureusement à la hauteur des espérances et ‘Rogue One : A Starwars Story’ est bel et bien un bon film. Le scénario est original et contrairement au ‘Réveil de la Force’ remake à peine déguisé d’Un Nouvel Espoir, ‘Rogue One’ explore un peu plus l’univers incroyable conçu par Lucas et propose de développer un pan d’histoire à peine évoqué dans les films originaux. Dans chaque plan, on constate que cette magie ‘Starwars’ opère à nouveau. Le réalisateur s’attarde sur son univers, sur ses arrière-plans, remplissant ses cadres d’une multitude de détails visant à densifier et rendre palpable son imaginaire. ‘Rogue One’ est véritablement immersif et fouille parfaitement son background. Le film, long à démarrer, est cependant très bien rythmé, grâce notamment à un final dantesque et épique, qui va crescendo. Très bien filmé, l’action reste toujours claire et Gareth Edwards a la bonne idée d’aborder ses cadrages de manière plus ‘adulte’ et moins édulcorée, proposant enfin l’imagerie propre à un film de guerre. Plus sombre, plus lyrique, ‘Rogue One’ ne cherche pas à tout prix le consensus ou la longévité, épisode unique oblige, ce qui permet quelques petites incartades loin du cahier des charges d’une grosse franchise. Malgré tout, on ne peut s’empêcher de souligner les points noirs qui viennent irrémédiablement ternir le tableau, à commencer par le cynisme des studios opposés à la volonté créatrice des réalisateurs. Le film crache ainsi souvent ses références de manière peu subtile afin de ‘satisfaire le fan’. Les allusions à la prélogie affleurent sans grâce et gênent clairement le déroulement de l’histoire. Aussi, le film n’évite pas les raccourcis scénaristiques et les facilités qui permettent une action plus lisible mais apportent leur lot d’incohérences. La psychologie des personnages et leurs réactions sont parfois réussies mais aussi parfois peu crédibles, appuyées par un jeu d’acteur pas toujours au top, notamment concernant Felicity Jones qui peine à convaincre pendant les premières scènes. De même, si la réalisation impressionne, les images ne vont jamais jusqu’au bout du spectaculaire. La bataille finale reste impressionnante mais aurait pu encore plus marquer les esprits si elle avait été mise entre les mains d’un véritable faiseur d’images. ‘Rogue One’ est donc un bon film ancré dans une démarche mercantile regrettable qui aplanit toutes les aspérités si délicieuses des premières trilogies. Reste un très bon moment de cinéma et de formidables scènes d’action au service d’un voyage toujours dépaysant et imaginatif.