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'The Neon Demon' de Nicolas Winding Refn (6/10)

  • Photo du rédacteur: Sylvain Ruffier
    Sylvain Ruffier
  • 22 juin 2016
  • 2 min de lecture

Une jeune fille débarque à Los Angeles. Son rêve est de devenir mannequin. Son ascension fulgurante et sa pureté suscitent jalousies et convoitises. Certaines filles s’inclinent devant elle, d'autres sont prêtes à tout pour lui voler sa beauté.


Après avoir été porté aux nues par son magnifique ‘Drive’ et descendu ensuite avec le vain ‘Only God Forgives’, le nouveau film du réalisateur danois Nicolas Winding Refn était attendu au tournant. ‘The Neon Demon’ tient-il plutôt du silencieux mais magnifique ‘Valhalla Rising’ ou est-il une coquille vide sans âme ? Si l’on craignait que le film soit un long clip de deux heures, le réalisateur danois semble avoir enfin donné de la substance à son nouveau long-métrage. ‘The Neon Demon’ est une critique cynique et acerbe de l’univers de la mode, présenté comme un enfer peuplé de créatures froides et d’environnements aseptisés. La charge du film est bien présente et s’il montre la vacuité d’un tel système, il ne tombe jamais dans le purement illustratif. En cela, ‘The Neon Demon’ parvient à son but, grâce à des scènes pertinentes et très bien orchestrées. Le réalisateur ne délaisse pas pour autant sa réputation et livre des images magnifiques, cadrées au millimètre près, et ose des abstractions expérimentales intéressantes dans sa première moitié, entre effets stroboscopiques et symboles rémanents. Son actrice principale, Elle Fanning, incarne parfaitement son personnage qui de petit ange innocent finit par être transformée par la dureté et la vacuité du monde de la mode. Il est alors dommage que le dernier tiers du film ralentisse un peu la progression psychologique de l’héroïne, en n’aboutissant pas ses idées. Enchaînant un viol hors-champ, une scène dérangeante d’amour lesbien nécrophile (et oui…) puis du cannibalisme sanglant, Nicolas Winding Refn pousse soudain ses curseurs, appuie ses symboliques de manière trop ostentatoire. Le culte de la minceur y est figuré par l’attrait de la mort, l’envie et l’ambition par le cannibalisme, et si l’idée est en soi très bonne, elle est mal amenée. On attendait une montée savamment calculée vers ce paroxysme macabre mais le rythme s’étire et les dernières scènes tombent à plat. Moins bien conçues, elles perdent un peu le sens du film et la tonalité qu’il insufflait dans sa première moitié. ‘The Neon Demon’ est donc un objet visuel fascinant mais imparfait. Très bonne critique du monde de la mode, superbement filmé, le film rate un peu sa dernière partie et finit par décevoir. On se rattrapera avec une excellente bande-son électro qui envoûte du début à la fin.




 
 
 
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