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'Under the Skin' de Jonathan Glazer (3/10)

  • Photo du rédacteur: Sylvain Ruffier
    Sylvain Ruffier
  • 9 juil. 2014
  • 2 min de lecture

Une extraterrestre arrive sur Terre pour séduire des hommes avant de les faire disparaître.


Dès son ouverture, ‘Under the Skin’ annonce très clairement sa volonté auteuriste et radicale grâce à une succession d’images abstraites qui laissent tout à fait place à l’interprétation du spectateur.

Osé, ce traitement insuffle tout de suite de l’originalité à une histoire à la base pourtant banale. Les premières scènes sont nimbées de mystère et présentent la mutique Scarlett Johansson, suivie de près par un mystérieux motard qui efface les traces qu’elle laisse derrière elle.

Les premières scènes sont passionnantes car on entre volontiers dans l’univers atypique de Jonathan Glazer, mélange de 2001 : l’Odyssée de l’Espace et de Taxi Driver, et on assiste à une abstraction de l’action intéressante lorsque l’extraterrestre ramène ses ‘proies’ chez elle pour les engloutir dans une sorte de ‘substance noire’ qui n’est qu’une figuration de ce qui se passe vraiment. Encore une fois, cachant son manque de budget astucieusement, le réalisateur cherche l’abstraction pour mieux stimuler l’imagination du spectateur.

Malheureusement, le film tourne vite court. On se rend bien vite compte que tout est dit lors des premières dix minutes et que le reste du temps, le scénario se contente de répéter les mêmes choses : Scarlett Johansson parcourt l’Ecosse profonde, drague des hommes, les ramène chez elle pour les ‘absorber’ puis recommence.

Les expérimentations intéressantes de Glazer deviennent soudain de la poudre aux yeux pour masquer un manque flagrant d’idées et de propos. Le personnage joué par Scarlett Johansson n’évoluera que très peu et son mutisme ne permettra jamais d’approfondir sa psychologie et ses émotions.

On comprend qu’elle commence à s’attacher à l’humanité après avoir rencontré un homme particulièrement gentil envers elle, mais ça n’ira pas plus loin. De multiples pistes de lecture ou de réflexion sont laissées sur le côté pour mieux déployer les visuels déments et auteuristes du réalisateur et c’est bien là le problème : sans cela, ‘Under the Skin’ serait totalement dépourvu d’intérêt. Reposer son film uniquement sur l’image est risqué et il faut être un très grand faiseur d’images pour que cela passe pour autre chose que de la poudre aux yeux, ce qui n’est pas le cas de Jonathan Glazer.

Le résultat est que l’on s’ennuie ferme tout le long du film, l’intérêt n’étant réveillé que par le dernier quart d’heure de film, où les rôles s’inversent, où la proie devient le prédateur, et installe un jeu de miroir particulièrement intéressant.

‘Under the Skin’ est prétentieux et creux. Il aurait pu être un excellent film s’il était allé plus au fond de son sujet. Entre un excellent prologue et un très bon épilogue, le film ne raconte rien et se perd dans ses expérimentations visuelles. Dommage.

 
 
 
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